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Nouvelle création "Trans Dervish", 1ère représentation au Théâtre du Kremlin-Bicêtre le 30 novembre 2019.

Après sa brillante tournée d'été avec Ibrahim Maalouf, Haïdouti Orkestar reprend la scène pour accompagner cette fois-ci l'artiste soufie Rana Gorgani. La rencontre "Trans Dervish" se révèle comme une expérience artistique unique, tant au point de vue musical que chorégraphique.  

Dans cette création, Rana Gorgani ne s'inscrit pas dans une simple retranscription de la danse des derviches tourneurs, mais elle s’approprie cette pratique, habituellement réservée aux hommes, avec une grande subtilité, jusqu'à créer une union intime des genres.  Elle a créé, tout spécialement pour ce spectacle, une chorégraphie hors normes inspirée de cette spiritualité soufie dont les fondements sont l'amour et la tolérance. Ce message universel nous amène vers un univers chorégraphique inédit mêlant tradition et modernité.

La nouveauté ne s'arrête pas là car le Haïdouti enrichit son répertoire en s’ouvrant à la musique des bardes alévis d'Anatolie :  
- le Ney soufi (flûte en roseau) se voit ainsi remplacé par les envolées du bağlama (instrument proche du luth), considéré comme sacré par les Alévis 
- les sons des cuivres rythment et harmonisent les mélodies 
- le daf (tambour sur cercle) cède sa place à la percussion et à la batterie de Sylvain Dupuis, tandis que la voix suave de Zéki Ayad Çölaş s'accorde avec le tourbillon incessant de la danse. 

L’ensemble dégage ainsi une énergie, à la fois joyeuse et paisible, destinée aux yeux, aux oreilles, mais surtout aux cœurs du public.

Au fil des siècles, les Soufis et les Alévis ont subi un traitement oscillant entre reconnaissance et répression, les contraignant souvent à l'exil (ils sont aujourd'hui plus d'un million disséminés en Europe). Pour eux, musique, danse et poésie façonnent le for intérieur de l'individu et l'élèvent en ses plus hautes sphères spirituelles. Sans distinction, chacun peut être homme ou femme, sédentaire ou nomade, autochtone ou étranger, l'essentiel étant de suivre la voie (tarîqat en arabe) de connaissance afin d’atteindre la Vérité au travers de l’éducation de l’égo (nafsen arabe), d'un intellect muni de patience et d'un cœur rempli d'amour. La femme est alors l'égale de l’homme, et l’absence de rituels obligatoires facilite l’intégration de la jeunesse alévie au mode de vie occidental.

C’est dans cet esprit que Trans Dervish convient tous les amoureux du divin comme du profane, de la danse, de la musique et de la poésie, sans oublier ceux de la joie et de la fête ! 
La défense des minorités et la tolérance religieuse sont des thèmes chers à ces artistes d'origines serbe, turque, roumaine, iranienne et française, aujourd’hui réunis autour d’un projet commun associant danse soufie et musique alévie. 

Tout comme le poète soufi Rûmi (13ème siècle), Haïdouti Orkestar et Rana Gorgani s'affranchissent des poncifs : 

“Viens, viens, viens, qui que tu sois, viens !
 
Viens aussi, que tu sois infidèle, idolâtre ou païen, 
Notre couvent n'est pas un lieu de désespoir ; 
Même si cent fois tu es revenu sur ton serment, viens !”